Les Rendez-vous d’Effractions
Tout au long de l’année, en écho à la programmation du festival, un cycle de rencontres est conçu pour explorer les liens entre littérature et réel.
Le lundi 12 octobre 2026 à 19h
Entrée de la Bpi
Dire le monde : quand les revues s’emparent du réel

Lettre Zola est un média littéraire qui propose à ses abonné·es, chaque mois, un récit inédit d’un·e écrivain·e contemporain·e, partant d’un fait réel. Depuis sa création, de jeunes plumes comme Célestin de Meeûs, Arthur Dreyfus, Mathieu Palain, Blandine Rinkel et beaucoup d’autres, mettent la littérature du réel en mouvement, au sein d’un objet original à mi-chemin entre l’édition et la presse.
Née du retour de la guerre sur le continent européen, Kometa est une revue indépendante qui raconte le monde de l’intérieur, partout où il bascule. De l’Iran à la Chine, des États-Unis à la Palestine, elle rassemble des récits journalistiques signés par les plus grandes plumes, des témoignages, des photographies, des analyses et des cartes qui offrent un éclairage unique sur notre monde.
Pour évoquer l’intention et l’ambition de ces deux revues, Louis Vendel, fondateur de Lettre Zola, et Léna Mauger, co-fondatrice de Kometa, sont réuni·es à l’occasion de ce Rendez-vous d’Effractions, accompagné·es de Christophe Boltanski (auteur, journaliste) et Kalindi Ramphul (écrivaine), en tant que contributeur·rices des revues.
Avec
Louis Vendel, fondateur de Lettre Zola
Léna Mauger, co-fondatrice de Kometa
Christophe Boltanski, auteur, journaliste
Kalindi Ramphul, écrivaine
Modération
Lauren Malka, autrice, journaliste et podcasteuse
Le mercredi 16 septembre 2026 à 19h
La Gaîté Lyrique
Déplier l’archive, toucher le réel – À voix haute de Polina Panassenko

En 1937 en URSS, l’une des vagues de répression de la Grande Terreur vise les paysans qui ont survécu à la collectivisation. Déportés au Goulag, ils y trouvent la mort dans des circonstances dont les familles ne savent rien. Réhabilités pour beaucoup d’entre eux après la mort de Staline, ils ne retrouvent pas pour autant leur place dans le récit national.
La narratrice franco-russe du dernier roman de Polina Panassenko arrive à Moscou pour étudier le théâtre. De son pays de naissance, elle sait déjà l’habitude de parler à voix basse, la méfiance envers certains voisins et la peur irrationnelle quand quelqu’un frappe à la porte. Sur le fond des élections frauduleuses de 2011, elle s’engage dans une quête dans les archives pour découvrir le sort exact qui a été réservé à son ancêtre, paysan dénoncé, arrêté et mort en route pour la Kolyma.
Avec
Polina Panassenko, autrice, traductrice et comédienne. Son premier roman, Tenir sa langue (Éditions de l’Olivier, 2023) a reçu le Prix Femina des lycéens. À voix haute a paru aux éditions de l’Olivier en août 2026.
Modération
Raphaëlle Leyris, journaliste au Monde des Livres
Le lundi 1er juin 2026 à 19h
Entrée de la Bpi
Écrire le lien mère-fille : Claire Richard et Louise Chenneviève

Dans Pardonner à nos mères, Claire Richard esquisse une cartographie féministe de cette relation fondatrice où se mêlent idéalisation, douleur, voire matrophobie (peur des filles de devenir comme leur mère). Dans ce récit intime et cette enquête auprès d’une centaine de femmes, elle met en lumière l’influence du patriarcat sur les violences que les femmes subissent et reproduisent depuis des générations.
La littérature s’empare également de la figure de la mère dans le dernier numéro de la NRF qui lui est consacré. Protectrice, adulée, absente, toxique, puissante, la mère est un des sujets de prédilection des écrivain·es et une source inépuisable d’inspiration. Pour en parler, Louise Chennevière, autrice remarquée ayant contribué à ce numéro spécial parmi d’autres grandes voix de la littérature.
Avec
Claire Richard, autrice et documentariste féministe, qui a publié notamment Des mains heureuses (Le Seuil, 2023), La dernière nuit d’Anne Bonny (Le Lombard, 2024) ainsi que différents podcasts. Son nouvel essai Pardonner à nos mères (Les Renversantes, 2026) vient de paraître.
Louise Chennevière est autrice et musicienne. Elle a publié plusieurs romans aux éditions POL : Comme la chienne (2019), Mausolée (2021), et Pour Britney (2024). Un nouveau roman est à paraître en septembre 2026.
Modération
Lauren Malka, journaliste, autrice et créatrice de podcasts
Le lundi 13 mars 2026 à 19h
Bibliothèque Benoîte Groult
Recomposer le corps diffracté : rencontre avec Suzanne Duval et Hélène Laurain

Dans quelle langue raconter la grossesse, la fausse couche, l’avortement, la naissance ? Sur quel ton décrire les différents états d’esprit qui les accompagnent ?
L’expérience de la maternité et les métamorphoses du corps féminin sont au cœur de deux textes récents qui cherchent à en capter toutes les nuances : Tambora d’Hélène Laurain et Vachette de Suzanne Duval. Le premier tire son nom d’un volcan, dont l’éruption en 1815 préfigurait l’ampleur des dégâts provoqués par le dérèglement climatique actuel : menace d’un désastre qu’il faut parvenir à dire aux enfants d’aujourd’hui. Le deuxième reprend la comparaison sexiste d’une femme enceinte avec une vache pour filer la métaphore, interroger notre part d’animalité et faire voler en éclats la maternité idéalisée, « lieu stratégique de l’oppression des femmes ».
Avec
Hélène Laurain, écrivaine
Suzanne Duval, écrivaine
Modération
Raphaëlle Leyris, journaliste au Monde des Livres
Le jeudi 20 novembre 2025 à 19h
Bibliothèque Arthur Rimbaud
Travailler moins pour lire plus : Éloge de la lenteur de Lydie Salvayre

« Buller », « lanterner », « extravaguer » : autant d’expressions pour élargir le domaine des moments de notre vie qui échappent délibérément aux obligations de toutes sortes.
Dans son ouvrage Depuis toujours nous aimons les dimanches (Le Seuil, 2024), Lydie Salvayre nous invite, sur un ton plein d’autodérision, à prendre du temps, un temps qui rompt avec le rythme quotidien. Ce ralentissement, symbolisé par le repos dominical, est moins une invitation à ne rien faire qu’une incitation à sortir des activités qui obéissent aux lois de la société marchande. C’est dans ce temps suspendu, détaché de toute obligation, que la réflexion se déploie et que l’écriture est rendue possible : en témoigne le tout récent Autoportrait à l’encre noire (Robert Laffont, 2025), dans lequel l’autrice fait partager à ses lecteurs un regard décalé sur sa propre vie.
Avec
Lydie Salvayre, romancière, autrice d’une vingtaine de livres, traduits dans plusieurs langues et objets de nombreuses distinctions, notamment le prix Hermès pour La Déclaration (1990), le prix Novembre pour La Compagnie des spectres (1997) et le prix Goncourt pour Pas pleurer (2014).
Modération
Raphaëlle Leyris, journaliste au Monde des Livres
Le vendredi 23 mai à 19h
Maison de la poésie
De la justice comme objet littéraire. Personne morale, Justine Augier

Alors que la guerre civile fait rage en Syrie depuis 2011, le cimentier français Lafarge, installé dans le pays un an plus tôt, fait tourner son usine jusqu’en 2014. Basée à Jalabiya, sur le territoire contrôlé par Daech, l’entreprise contribue à financer l’État islamique et met en danger ses employés syriens pendant de longs mois.
Dans Personne morale, Justine Augier revient sur ces faits ainsi que sur le travail accompli par une équipe de femmes juristes pour que Lafarge soit accusé de complicité de crimes contre l’humanité. Grâce à son travail précis sur la langue, ce récit documentaire met en lumière les liens de la littérature et du droit et montre en quoi cette affaire est emblématique du rapport occidental à la guerre civile qui vient de prendre fin.
Avec
Justine Augier, romancière et essayiste, autrice d’une dizaine de livres parus entre 2008 et 2024, dont En règle avec la nuit (Stock, 2010, prix Fénéon) et De l’ardeur : histoire de Razan Zaitouneh, avocate syrienne (Actes Sud, 2017, prix Renaudot de l’essai)
Modération
Raphaëlle Leyris, journaliste au Monde des Livres
Le vendredi 14 mars à 19h
Médiathèque Françoise Sagan
Le silence peuplé de l’Histoire. La nuit s’ajoute à la nuit, Ananda Devi

À l’invitation des éditions Stock, le nouveau texte d’Ananda Devi vient enrichir la belle collection “Ma nuit au musée”. Le musée dans lequel la romancière consent à passer une nuit est particulier : il s’agit de la prison de Montluc qui a fermé définitivement en 2009 pour devenir un Mémorial national.
« Fissure dans la ventre de la ville », elle a servi de lieu d’enfermement à de nombreuses victimes de la barbarie nazie, notamment Jean Moulin et les enfants d’Izieu, ainsi que, plus tard, à des prisonniers politiques algériens. Résistants ou détenus de droit commun, leurs “spectres hâves” viennent à la rencontre d’Ananda Devi quand, dans le silence de la nuit, elle passe devant leurs cellules, écoute les échos de leurs voix, et rappelle leur histoire qui répond en partie à la sienne.
Lecture d’extraits de ce texte par l’autrice, accompagnée à la percussion par Dominique Mahut, suivie d’un entretien de Raphaëlle Leyris avec Ananda Devi.
Avec
Ananda Devi, écrivaine, autrice d’une trentaine de textes parus entre 1977 et 2024, lauréate notamment du Prix des cinq continents pour Ève de ses décombres en 2006 et du Prix Louis Guilloux pour Le Sari vert en 2009
Dominique Mahut, percussionniste, a accompagné de nombreux artistes, notamment Bernard Lavilliers et Jacques Higelin
Modération
Raphaëlle Leyris, journaliste au Monde des Livres
Le mercredi 29 janvier à 19h
Bibliothèque publique d’information – Atelier 1
“Fait divers, fait littéraire ? : La Désinvolture est une bien belle chose de Philippe Jaenada

Quand un fait-divers devient-il de la littérature ? Philippe Jaenada part du suicide d’une jeune femme, Kaki, en 1953 et tâche de retracer l’histoire de sa « bande », qui se retrouvait dans le café “Chez Moineau”, au Quartier latin, autour duquel gravitait Guy Debord. Par une enquête minutieuse, l’écrivain redonne chair a toute une génération, celle des enfants de la guerre, et livre le portrait collectif d’existences éphémères qu’il replace dans un contexte historique précis.
Il s’est notamment appuyé sur les travaux que l’historienne Véronique Blanchard a consacrés au traitement des jeunes filles par la justice.
Ils dialogueront tous les deux autour de la notion d’archive, une réelle ressource pour Philippe Jaenada depuis La Petite femelle (Julliard, 2015), un objet d’échanges passionnants, et de plus en plus riches, entre littérature et sciences sociales.
Avec
Philippe Jaenada, auteur
Véronique Blanchard, historienne
Modération :
Raphaëlle Leyris, journaliste au Monde des Livres
Lecture :
Pierre Baux, comédien
Le Lundi 23 septembre 2024 à 19h
Écrire et dessiner, c’est la porte à côté : grand entretien avec Emmanuel Guibert

Dans le cadre de l’opération “La BD à tous les étages” au Centre Pompidou, auquel participe pleinement la BPI, “Les Rendez-vous d’Effractions” font la part belle à la “littérature dessinée” en recevant l’un de ses maîtres, Emmanuel Guibert, dessinateur, scénariste, écrivain. Auteur de plusieurs dizaines d’albums depuis 1992, lauréat de nombreux prix, Emmanuel Guibert a pleinement investi le terrain de la bande dessinée comme mode de narration, en explorant les deux formes d’expression qui s’y combinent, l’écriture narrative et le dessin. Biographie, témoignage, portrait : autant de genres littéraires qu’il pratique notamment dans son cycle sur Alan Ingram Cope (2000-2016) et dans Le Photographe (2003-2006), bande dessinée documentaire devenue une référence. Par ailleurs, l’écriture figure également de manière autonome dans son œuvre : en témoigne notamment Mike, récit de son amitié avec l’architecte américain Michael James Plautz, publié chez Gallimard en 2021.
Avec Emmanuel Guibert, auteur
Animée par Raphaëlle Leyris, journaliste au Monde des Livres
Le lundi 22 avril 2024 à 19h
Fabriquer une écriture : grand entretien avec Marie Darrieussecq

Depuis la publication de Truismes en 1996, Marie Darrieussecq a construit une œuvre conséquente, riche d’une vingtaine de romans et récits, de plusieurs traductions et livres d’art. Elle y explore de grands sujets de société sous un angle longtemps occulté, celui de l’expérience féminine. Pour opérer ce changement de focale, elle agence, depuis une dizaine d’années, une galerie de personnages que l’on retrouve d’un texte à l’autre, mais à des étapes différentes de leur vie : ainsi Rose et Solange, les héroïnes de son dernier roman, Fabriquer une femme (P.O.L, 2024), étaient déjà présentes dans trois de ses textes précédents. Comme tout au long de son œuvre, la langue est la matière principale du travail de la romancière : les adolescentes, puis les femmes, qu’elle met en scène se construisent en cherchant leur propre voix à travers les discours imposés.
Avec Marie Darrieussecq, écrivaine
Animée par Raphaëlle Leyris, journaliste au Monde des Livres
Le lundi 15 janvier 2024 à 19h
Tirer les fils de l’Histoire : grand entretien avec Mathias Énard

Auteur d’une dizaine de romans et récits, publiés depuis 2003 et lauréat de nombreux prix, Mathias Énard fait preuve d’une grande érudition en intégrant à son œuvre des connaissances d’anthropologie, de musicologie et de sciences diverses. Il y fait aussi une place importante à l’histoire : de Constantinople au XVIe siècle aux récents printemps arabes, divers univers historiques fournissent la trame de ses récits et donnent à ceux-ci de l’épaisseur. Dans son dernier roman, Déserter (Actes Sud, 2023), les violences de la guerre subies par un déserteur anonyme lors d’un conflit contemporain et par un mathématicien est-allemand qui fut autrefois déporté par les nazis sont comme un écho bouleversant à l’invasion russe de l’Ukraine qui, en février 2022, a signé le retour de la guerre en Europe.
Avec Mathias Énard, écrivain
Animée par Raphaëlle Leyris, journaliste au Monde des Livres
Le 9 octobre 2023 à 19h
Écriture des lieux : grand entretien avec Jean Rolin

Auteur d’une trentaine d’ouvrages publiés entre 1980 et 2022, lauréat de plusieurs prix (notamment Médicis, Albert-Londres et Joseph Kessel), Jean Rolin est un observateur minutieux du réel qu’il transcrit dans une écriture d’une rare précision, à la frontière entre le documentaire et la fiction. Le monde qu’il évoque a toujours un cadre spatio-temporel bien déterminé : ses romans, nouvelles, récits de voyage, reportages, chroniques et essais portent un regard acéré et ironique sur des lieux aussi divers que les côtes turkmènes de la mer Caspienne, les transports en commun de la région parisienne ou les cafés-théâtres de la Pologne pendant l’état de guerre.
Avec
Jean Rolin, écrivain et journaliste
Animé par Raphaëlle Leyris, journaliste au Monde des Livres.
Le 25 septembre 2023 à 19h
Le couple aujourd’hui / Spécial Journée Mondiale des Sourds

La Bpi célèbre une nouvelle fois la Journée mondiale des sourds par une soirée exceptionnelle du cycle “Les rendez-vous d’Effractions” autour du nouveau roman de François Bégaudeau, L’amour (Éditions Verticales).
« J’ai voulu raconter l’amour tel qu’il est vécu la plupart du temps par la plupart des gens : sans crise ni événement. Au gré de la vie qui passe, des printemps qui reviennent et repartent. Dans la mélancolie des choses. Il est nulle part et partout, il est dans le temps même. »
Des extraits seront signés en LSF par François Brajou, acteur sourd, et lus par Yann Boudier, comédien.
Le documentaire de L’œil et la main de France 5 Et ils vécurent heureux, seuls ou à deux est réalisé par Sophie Triniac. Il donnera un autre éclairage sur la conception de la vie à deux. À l’issue de la projection, un débat, animé par Laurent Valo, directeur de collection de L’œil et la main, réunira François Bégaudeau et Sophie Triniac.
Le 10 octobre 2022
Stèle de papier : Tombeaux d’Annette Wieviorka

Le dernier livre d’Annette Wieviorka se situe à la frontière entre son travail d’historienne et un récit personnel qui suit le destin de plusieurs membres de sa famille : l’immigration, les difficultés économiques, les engagements politiques, les persécutions sous l’Occupation, la déportation.
L’autrice s’interroge sur les diverses modalités de la mémoire, qui se déploient entre le souvenir individuel et intime et la conscience collective de grands événements historiques. Elle réfléchit également à son rapport avec l’archive : essentielle pour redonner corps aux quotidien des personnes évoquées, celle-ci n’apporte pas pour autant de réponse exhaustive à toutes les questions.
Avec
Annette Wieviorka, historienne, directrice de recherche honoraire au CNRS
Animé par Frédérique Roussel, journaliste culturelle, “Libération”
Le 9 mai 2022
Camille de Toledo : les fantômes de l’Histoire

L’Histoire, sous son aspect fantomatique, est un thème fondamental dans l’œuvre de Camille de Toledo, qui tente de s’en approcher à travers une grande diversité thématique et formelle. Les personnages de ses romans graphiques, Isaac Babel et Theodor Herzl, font resurgir quelques-uns des bouleversements des années 1920 et 1930 (pogroms à l’est de l’Europe, mouvement sioniste, révolution bolchévique, terreur stalinienne). La ville d’Odessa sert de point de départ symbolique pour cette période et Berlin prend sa place après la chute du mur. Berlin sert notamment de refuge à Thésée, personnage qui, dans un récit poignant, affronte le monstre de l’Histoire au cœur du labyrinthe du passé familial.
Avec
Camille de Toledo, auteur notamment de Thésée, sa vie nouvelle (Verdier), Le Fantôme d’Odessa et Herzl (Denoël Graphic), Le Hêtre et le Bouleau : Essai sur la tristesse européenne et Oublier, trahir, puis disparaître (Le Seuil)
Sophie Magnaud, comédienne, fera la lecture des extraits des textes de Camille de Toledo
Animé par Camille Thomine, journaliste et critique
Le 11 avril 2022

Une écrivaine, une chorégraphe, deux femmes engagées se rencontrent et trouvent d’emblée un terrain d’entente autour de leurs projets artistiques : « Nous partageons un désir commun de création à partir de la marche et de la répétition. La marche compose, la marche écrit, la marche invente un lien indissoluble avec le monde. Le travail des séries et des répétitions se lit, notamment chez Deleuze, comme une réflexion sur le passage du temps, sur l’altération et l’altérité. La répétition montre essentiellement la différence : plus il y a répétition, plus il y a différence. Ces changements donnent à éprouver le temps – un temps qui n’est pas retour nihiliste du même mais répétition différentielle, suite de variations qui dessinent un devenir. Quel espace créons-nous à la mesure de nos pas ? »
Rencontre dans le cadre du festival Concordan(s)e dont la marque de fabrique est de provoquer des rencontres inédites entre un·e chorégraphe et un écrivain·e, puis d’en diffuser les travaux écrits à quatre mains.
Avec
Camille Laurens, autrice
Joanne Leighton, chorégraphe
Animé par Jean-François Munnier, directeur du festival Concordan(s)e
Le 31 janvier 2022
Métier à tisser : Sages femmes de Marie Richeux

La naissance est un “tranchant du réel” qui fait partir la narratrice du roman de Marie Richeux sur les chemins d’une délicate et émouvante quête généalogique pour découvrir un double héritage : celui d’une lignée des “filles-mères” et celui du milieu des tisserands auquel appartenait l’une des aïeules de l’héroïne.
Le cours de ces vies minuscules de femmes sages est ainsi associé à “l’ouvrage cousu” du texte : la métaphore filée de la matière à tisser permet de fécondes mises en lien, notamment avec les travaux de Nicole Pellegrin sur l’histoire des femmes et de la culture matérielle (en particulier, celle des textiles).
Avec
Marie Richeux, romancière et journaliste, productrice de l’émission “Par les temps qui courent” (France Culture)
Nicole Pellegrin, historienne, spécialiste de l’anthropologie historique (CNRS)
Animé par Marcelline Delbecq, artiste, écrivaine et critique d’art

